Deux Bisontines emprisonnées en République Dominicaine
Deux jeunes bisontines sont emprisonnées pour transport de cocaïne. Leurs familles mettent en cause des passeurs.
Sarah Zaknoun et Céline Faye, deux françaises originaires de Besançon, âgées de 18 ans, ont été arrêtées en République Dominicaine dimanche 15 juin sans qu'elles n'aient pu s'exprimer lors de leur arrestation. Entre 3 et 6 kilos de cocaïne auraient été retrouvés dans le renfoncement extérieur de leurs valises.
Pour leurs familles, Sarah et Céline étaient "deux proies faciles pour des passeurs, dans un pays où le trafic de drogue est monnaie courante". Des familles de Besançon qui se révèlent particulièrement inquiètes car elles subissent aussi les assauts des avocats sur place qui demandent de l'argent à tout va pour faire sortir leurs filles des prisons dominicaines et obtenir qu'elles soient jugées en France. Or, ce scénario paraît assez improbable car le trafic de drogue est une affaire prise très au sérieux par les autorités dominicaines.
Durant l’arrestation, plusieurs vices de formes et de procédures ont été relevés, toujours selon les proches : aucun traducteur n'a été fourni lors de l'arrestation et du premier jugement, la lecture de leurs droits n'a pas été faite et on ne les a pas avisées des faits reprochés. En outre, les jeunes femmes auraient été intégralement déshabillées et fouillées au corps par des hommes, la police des douanes les aurait aussi violentées physiquement et psychologiquement pour qu'elles déposent leurs empreintes sur les paquets de drogue. Enfin, on leur aurait fait signer de force des documents en espagnol qu'elles ne comprenaient pas. Tout cela, les familles l'ont appris de la voix des jeunes femmes qui ont réussi à se faire prêter un téléphone portable par une détenue canadienne.
Depuis l'arrestation, Sarah et Céline sont emprisonnées dans des cellules de 9 m2 avec 8 autres prisonnières : "elles dorment à même le sol, dans des conditions sanitaires effroyables (humidité, crasse) on ne leur donne ni à manger, ni à boire car en République Dominicaine tout se paie dans les prisons. "Elles sont traitées comme deux criminelles, sans même avoir pu donner leurs versions des faits", commente Nabila, s½ur de l'une des accusées, "aujourd’hui elles ont été transférées dans une prison Fédérale et nous n’avons plus de nouvelles d’elles. Nous avons cherché le soutien de l’Etat français en France et en République Dominicaine auprès du Ministère des Affaires étrangères à Paris, auprès du consulat Français en République Dominicaine et auprès d'un consul honoraire mais pour l'instant personne ne semble être à notre écoute", poursuit cette proche. Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères nous signale, jeudi 19 juin, que le consul honoraire est allé rendre visite aux jeunes femmes dès le lendemain de leur arrestation et qu'il a mis en place les protections consulaires à leur égard prévues dans ce type d'affaire.

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